Hydro-Québec
Bonjour à tous. Si tu as lu le premier article sur mon arrivée à Québec, tu devrais savoir que tout n’était pas rose. Le logement faisait aussi défaut et j’ai donc décidé de me mettre rapidement à la tâche. En France je ne sais pas trop, mais ici beaucoup de logements sont publiés sur le Marketplace de Facebook. C’est donc l’endroit où j’ai commencé à chercher. Après ces 3 lignes, tu dois te demander le rapport avec le titre « Hydro-Québec » et j’y viens. Dans les descriptions, on voit souvent les inclusions : stationnement, internet, chauffage, hydro… Dans mon esprit, l’hydro c’est l’eau, mais ici au Québec, il n’y a pas de facture d’eau. En faisant mes recherches, j’ai vite compris que « hydro » était un diminutif pour Hydro-Québec, qui est le fournisseur principal d’électricité de la province.
C’est en visitant les chutes de la Chaudière que j’ai eu l’inspiration d’en parler. En effet, je pensais ne voir que de belles chutes au coucher du soleil, comme tu peux le voir sur les photos de cette page. Mais il y avait également un barrage, toujours actif, avec plusieurs présentoirs afin d’en apprendre un peu plus.
Le site de la Chaudière
Parlons donc d’abord de ce site situé à Lévis, c’est-à-dire à la ville juste de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent par rapport à Québec. Dès 1901, on y produisait déjà entre 2000 et 3500 kilowatts, ce qui était suffisant pour faire rouler tout le réseau de tramways aux alentours et alimenter le chantier géant des ponts de l’époque. Il faut se remettre dans le contexte, c’était une prouesse technologique à l’époque. 69 ans plus tard, en 1970, une partie du barrage fut détruite par une débâcle (ce sont de gros morceaux de glace qui arrivent avec une grande force) et suite à ces événements, le site fut abandonné. Ce n’est que vers la fin des années 90 que le barrage fut reconstruit avec une nouvelle centrale moderne.
La centrale actuelle est appelée centrale « au fil de l’eau ». Contrairement à un barrage classique qui emmagasine l’eau, comme le barrage de Tignes qui est réputé pour avoir une vue incroyable, ici on prend ce que la rivière donne en temps réel. Si la rivière est basse, on produit moins. Si la rivière est haute suite à de fortes pluies ou à la fonte des neiges, la turbine sera à fond et va produire plus. Le chemin de l’eau est impressionnant : l’eau passe par une prise de 17 mètres de large pour s’engouffrer ensuite dans deux tuyaux de 4 mètres de diamètre qui descendent. La force de cette chute fait tourner deux énormes turbines cachées sous terre qui aujourd’hui produisent 24 000 kilowatts, soit environ 10 fois plus qu’au siècle dernier, et permettent d’alimenter 5000 foyers en plein hiver.
Un ennemi l’hiver : le frasil. C’est une forme de givrage et, comme en pilotage, c’est très problématique. Un article y sera sûrement dédié un jour. Le frasil, c’est une accumulation de minuscules cristaux de glace qu’on retrouve dans l’eau et qui sont très collants. Ils peuvent s’agglutiner sur les grilles et boucher totalement l’entrée d’eau de la centrale. Pour éviter d’avoir des pannes de courant, on évacue cet amas de glace directement dans la chute d’eau via une vanne qui permet d’ouvrir cette sortie.



Conclusion
Finalement, des sites comme celui-ci, il y en a des milliers au Québec. Cela permet de créer une énergie propre à 99%, en plus d’être l’une des moins chères d’Amérique du Nord. Beaucoup d’équipements comme le chauffage ou les plaques de cuisson sont donc électriques. On appelle cette énergie l’Or bleu. Ici, c’est le groupe Innergex qui est responsable de ce site, mais le seul distributeur reste bien Hydro-Québec qui vient racheter l’électricité de tous les sites avant de la redistribuer aux ménages.

