Le premier mois à Québec
Bonjour à tous. Au moment où j’écris ces lignes, deux mois se sont écoulés depuis mon arrivée à Québec. Je sors enfin un peu la tête de l’eau après les galères, l’administration et le début des cours. Aujourd’hui, je vais donc vous parler de mon premier mois avec un peu de recul, et vous allez voir que ça ne s’est pas passé comme prévu. Oui je sais, c’est une introduction terriblement bateau…
Avant de commencer, si tu as parcouru les articles de la partie « Heading », tu as pu noter que celui-ci possède un « P ». En effet, j’ai décidé de manière arbitraire d’ajouter la mention P comme Personnel pour chaque article qui ne traite pas d’un sujet aéronautique ou du Canada en général, mais plutôt de mon aventure propre. Cela permettra de bien distinguer les articles de type « journal intime » de ceux de vulgarisation.
Le grand saut
Commençons : Avant même d’être sur le territoire québécois, j’ai découvert quelque chose qui est réputé ici et que je verrai encore plus une fois arrivé. La gentillesse de ses habitants. J’ai passé mon vol entre deux sœurs qui revenaient de vacances à Paris et malgré huit heures de vol, c’est passé bien vite grâce à elles. Je suis arrivé fin février, une grosse dizaine de jours avant le début des cours pour m’acclimater et me préparer, et ces dix jours ne furent pas de trop. S’acclimater c’est le mot, je quitte le soleil doux du sud qui me permettait de manger dehors et de me promener en T-shirt pour un magnifique dix degrés, enfin… moins dix degrés… et avec une belle nouvelle, ma valise à roulettes qui pèse une tonne a perdu une roue, un début qui n’annonçait rien de bon. Et pour cause, après une vingtaine de minutes en taxi reliant l’aéroport de Québec CYQB (lieu où je ferai ma formation de pilote) à ce qui aurait pu me sembler mon logement que je n’ai vraiment pas apprécié malgré une visite virtuelle.
La réalité du terrain
On va être honnête et réaliste deux minutes : j’ai passé un premier week-end horrible. Entre les colocataires bruyants, la réalisation soudaine de l’ampleur de la nouvelle voie que j’entreprends et une liste immense de choses à faire en une grosse semaine, c’était difficile à digérer.
Quelque chose que j’ai aussi sous-estimé, c’est le décalage horaire. J’ai quitté il y a longtemps mon cocon familial pour l’armée, mais il est vrai qu’on pense beaucoup à ses proches au début. Ici, c’est encore plus marqué car on se dit en permanence : « Il est telle heure en France, je devrais être en train de faire ça avec untel… » Bref, on se ressaisit et on aborde point par point tout ce qu’il y a à faire pour s’intégrer au mieux.
Le parcours du combattant administratif
Tout d’abord, il faut aller chercher son NAS dans un centre Service Canada. Le Numéro d’Assurance Sociale est un identifiant à neuf chiffres qui est, pour rester simple, un mélange entre le numéro de sécurité sociale et le numéro fiscal en France. Il sert pour tout : administratif, travail, banque, etc. La grande différence, c’est que ce numéro permet de réaliser beaucoup d’opérations sans vérification supplémentaire. C’est pourquoi il est extrêmement confidentiel.
Une fois le NAS en poche, j’ai traité deux problèmes que j’aurais pu anticiper :
- Le téléphone : Je pensais que mon forfait français suffirait, mais pour beaucoup de démarches, un numéro local est obligatoire. Ça fait mal de payer plus cher pour moins de données (la concurrence étant plus faible ici qu’en Europe). Par contre, le Wi-Fi public est partout, rapide et sans mot de passe compliqué.
- La banque : À Québec, on retrouve principalement trois institutions : Desjardins, la BNC (Banque Nationale du Canada) et la RBC (Banque Royale du Canada). J’ai choisi la BNC pour aucune raison particulière, je l’admets. On m’a remis deux cartes : une de débit (classique) et une de crédit.
Note sur le crédit : La carte de crédit utilise l’argent de la banque que l’on rembourse ensuite (souvent sous vingt-et-un jours). Elle est plus sécurisée, offre parfois du cashback (retour d’argent de 0,5 à un pour cent), et surtout, elle permet de bâtir son « score de crédit ». C’est ce score qui prouve au propriétaire d’un logement ou à un prêteur que vous êtes un payeur fiable.
Enfin, un mot sur la RAMQ (Régie de l’assurance maladie du Québec). C’est l’équivalent de notre carte vitale, gratuite grâce aux accords France-Québec (formulaire SE-401-Q-102). Attention toutefois : elle ne couvre pas tout, comme le dentiste ou l’optique.
Se déplacer et se loger
Le pire restait à venir : la voiture. Entre l’aéroport et ma résidence, c’est vingt minutes en voiture contre une heure en bus. Après une quinzaine d’heures de recherches sur Marketplace, j’ai trouvé une Nissan Versa manuelle 2009 avec 184 000 kilomètres pour quatre mille dollars. Ça pique quand on compare au marché français, mais rouler en Renault ici serait un suicide logistique pour les réparations !
Petite subtilité locale : la plaque d’immatriculation suit la personne et non le véhicule. On paie d’ailleurs une taxe annuelle pour conserver le droit de rouler avec sa plaque.
Dernier point : le logement. C’est hors de prix et j’avais beaucoup de critères (proche aéroport, meublé, stationnement). J’ai fini par trouver un studio récent et calme pour environ neuf cents dollars (soit six cents euros) par mois tout inclus, avec une place pour mon « char » déneigée. J’y ai emménagé début avril.
Conclusion
Voilà pour ce premier mois. Évidemment, je vous passe les petites galères : réparer l’ordinateur, cuisiner sans espace, découvrir le réseau de bus ou gérer toutes ses recharges avec un seul adaptateur de prise (mauvaise idée !).
Comme on dit en débriefing : on commence par le difficile pour finir sur une note positive. Je vous laisse avec quelques photos pour vous montrer que, malgré des pics à moins vingt degrés, la météo est restée agréable pour découvrir mon nouveau chez-moi.







